
- As a last tribute to Gary Kildall
- L'avenir de l'intelligence
- Le bluff du futur
- L'orthodoxe et l'hrtique
- La prdominance du crtin
- Tabula Rasa
- Imperium
- Pour un ultime hommage  Gary Kildall
- En hommage  Karl Kraus

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           As a last tribute to Gary Kildall


   A specter is haunting Chicago, the specter of CP/M...


Who still remembers this ancestor of DOS called Control
Program for Microcomputers ? No one, except the actors and
spectators of past, and great times.

Why this nostalgic evocation ? Because Gary Kildall died a
few days ago, and we feel it as a duty to honor him, for we
unfortunately know, as Gilbert K. Chesterton did know it
too, that journalism mainly consists of telling readers about
Lord Jones' death, when those readers did not even know the name
of Lord Jones -- incidentally, we will not discuss here
whether the numerous Lord Jones journalists tell us about
are always worth this honor or this waste of time.

So, Gary Kildall was the founder of Intergalactic Digital
Research. A genius programmer (much more than William H.
Gates III is supposed to be by those who dare believe he
wrote Basic and DOS code) and a true visionary (again, much,
much more than Gates), he developed in 1974 the first real
operating system for 8 bits (and later 16 bits) processors.
His CP/M-80 showed a clever conception, elegant and
efficient, with its kernel written in PL/M (a high level
language) and its device drivers written in assembly
language. It was an immediate success and quickly became a
de facto standard : even though the O.S. was a spartan one,
it was God's gift to programmers and engineers, for it
remedied most incompatibilities from a product to another.
For those times were, already, abundant with new products.

CP/M went into oblivion, for it was not immediately
associated with IBM's Personal Computer. Mere bad luck : it
was a clone, Seattle Computer's QDOS, which prevailed upon
the original standard. Written by Tim Paterson, QDOS (for
Quick and Dirty Operating System) was to be as compatible as
possible with CP/M-80 v1.4. The product is widely known
under another name : MS-DOS 1.0. But that is another
story...

What's the relation with Chicago, code-name of the future
Windows 4.0 ? CP/M was happy with a few kilobytes, while
the full installation of the OS/2 ersatz produced by Microsoft
requires about 38 megabytes. Yet, in its code, there are certainly
many invisible traces of CP/M structures, a fact which may
be seen as a warning to these young generations for
which computing history begins with Windows and C++ :
precursor geniuses (Kildall, Wozniak and many others, almost all
forgotten now) have shaped our present as they have shaped our future.

Without men like Gary Kildall, microcomputing would _not_ be
what it is now ; and with people like Gary Kildall,
microcomputing would not _either_ be what it is now.


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                     L'avenir de l'intelligence


	"Le chameau est un cheval mis au point par un comit." :
Jacques Bergier aimait  citer cette jolie formule, dont il
attribuait la paternit  Churchill. Dans sa terrible
concision, elle explique non seulement la qualit des
applications modernes mais aussi l'tonnant anonymat de
leurs (ir)responsables.

	Il est rvolu, le temps o le logiciel tait naturellement
associ  son ou ses crateurs - Visicalc  Dan Bricklin et
Bob Frankston, Flight Simulator  Bruce Artwick, 1-2-3 
Mitch Kapor et Jonathan Sachs... Avec les Easter eggs, ces
anodines facties dissimules dans les programmes, les
signatures sont devenues furtives et honteuses, parfois mme
soucieuses de commercialisation (c'est l'exacte traduction,
due  Roger Minne, de marketing). Aujourd'hui, une
application doit voquer une entreprise ou mieux, un
"C.E.O." rput gnial et visionnaire. Ainsi, Windows, c'est
Microsoft, et Microsoft, c'est William Gates.

	L'illgitime supriorit confre aux hommes de gestion sur
les hommes de production (voire sur ceux de connaissance)
n'est pas l'apanage de l'industrie informatique ; elle y
scandalise seulement davantage, tant l'criture d'un
logiciel est affaire de style, et personnel.

	Les oeuvres collectives des grands diteurs font perdurer
des erreurs historiques, et ne sauraient allier, sinon par
accident, l'lgance  l'efficacit : ces qualits restent
l'apanage de projets mens par des crateurs solitaires - ou
presque. Ainsi d'Oberon, le systme d'exploitation
remarquablement novateur mis au point par Niklaus Wirth et
Jurg Gutknecht. Ainsi, dans une certaine mesure, du premier
Linux, dcid par Linus Torvalds, qui suivait les traces de
Dennis Ritchie et Ken Thompson (les crateurs d'Unix), avant
de rallier  sa cause de nombreux programmeurs bnvoles
(peut-tre au dtriment de la cohrence d'ensemble).

	La mme passion et la mme rigueur animent ces hrtiques,
qu'ils rompent avec une tradition ou qu'ils en prolongent
une autre (ayant fait ses preuves sur quelque 20 ans). Hors
des glises Windows, ils incarnent la rsistance au Nouvel
Ordre Logiciel. Leur existence est un heureux prsage : il y
a toujours un avenir pour l'intelligence.


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                          Le bluff du futur


	"Depuis prs d'un demi-sicle, l'explosion technologique se
trouve  la veille de rvolutionner la vie quotidienne.
Demain, un courant d'information gnralise dissipera les
ncessits et les monotonies d'une existence  la fois trop
alternative et trop continue. Ce flux de bonheur
communicatif illuminera tous les foyers, sans distinction de
classe ou de revenu. Branchs par fil tlphonique au
mystre informatique, les mnages informatiss seront relis
aux bibliothques de documentation et aux banques
juridiques, aux universits pdagogiques et aux commerants
avertis. Et rien ne sera plus jamais comme avant. Demain."

	Si ces quelques mots ironiques n'taient rdigs dans une
langue trop claire et trop prcise pour tre contemporaine
ou journalistique, ils sembleraient avoir t crits en
rponse aux thurifraires et pangyristes d'Internet, alors
que leur auteur, l'humoraliste Georges Elgozy, s'attaquait
simplement aux futurologues, "prospectivistes",
"prvisionnaires" et autres "prophtionnels" toujours
prompts  clbrer un avenir d'autant plus radieux
qu'il est incertain.

	Vingt ans aprs la publication du Bluff du futur, le mme
esprit critique (dont l'tymologie rappelle qu'il est
d'abord esprit d'examen) reste ncessaire,  considrer les
nouveaux topoi en vogue : l'loge des "autoroutes de
l'information" et le culte d'Internet - religion qui compte
pour l'heure plus de prtres que de fidles. Quel magazine,
au reste, n'a pas repris avec complaisance les articles
enthousiastes parus dans la presse amricaine pour clbrer
la prtendue "Nouvelle Frontire Electronique" et le
mal-nomm "CyberEspace" ?

	Sans mconnatre l'intrt du rseau mondial, force est
pourtant de constater que le rapport signal / bruit des
threads de messages est trop souvent proche de zro, et que
l'essentiel d'Internet est concentr dans les quelques
CD-ROM qui rassemblent programmes et textes de type F.A.Q.
(Frequently Asked Questions).

	Une mode rcente entend magnifier l'extraordinaire quantit
d'informations accessibles aprs quelques invocations faites
 l'adresse des divinits modernes de l'espace virtuel,
appeles Gopher, Archie, Veronica ou Mosac. C'est oublier que le
plus grand obstacle  l'emploi des connaissances, c'est leur
abondance mme : avec une centaine d'informations, on peut
tisser un filet, un rseau, une trame de cohrences ; avec
un millier, c'est un tissu d'incohrences que l'on obtient.
Notre poque tire un sentiment illgitime (et illusoire)
de sa supriorit  partir du volume des donnes dont elle dispose :
elle devra bien admettre que le vritable critre porte sur le
degr auquel l'esprit matrise ces informations.


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                     L'orthodoxe et l'hrtique


	Windows 95 est encore une "ralit virtuelle" (oxymore qui
bnficie d'ailleurs d'une faveur  la mesure de son
absurdit !) que deux ouvrages sont consacrs au systme
d'exploitation ayant la prtention de signer l'arrt de mort
du couple DOS-Windows - couple dont Microsoft n'a
curieusement jamais tant soulign les failles...

	Dans Inside Windows 95, Adrian King fait entendre la voix
de ses matres avec un manque de style que la traduction
franaise a d'ailleurs scrupuleusement respect (par force
plutt que par choix dlibr). Cette biographie officielle
est comparable aux (trop) nombreux articles dj consacrs au sujet :
c'est le texte sans ordre d'un camelot aux ordres,
clbrant Windows 95 de manire laborieuse autant que maladroite.
Les exagrations et omissions d'un auteur qui fait le maximum
de son minimum sont un affront systmatique  l'intelligence
du lecteur, car l'orthodoxe King n'est pas un Debord,
capable d'crire son Pangyrique avec brio.

	Avec Undocumented Windows 95, Andrew Schulman anantit le
discours des "vanglistes" de Microsoft. Le tour de force est
d'autant plus admirable que l'hrtique Schulman, loin de
dnigrer Windows 95, en rvle la vraie nature : un systme
d'exploitation  part entire... malgr les compromis qui,
justement, garantissent son succs. Le futur fleuron de
Microsoft ne rsulte pas d'une refonte complte et il
exploite toujours des parties de code 16 bits non-rentrant
(DOS, en un mot). Avec ce texte brillant, Schulman donne une
magistrale leon d'analyse rtrotechnique et de
rvisionnisme contre les vrits prtendues videntes.

	Microsoft a bien compris que dans la "socit du
spectacle", le discours l'emportait sur les faits. Pourtant,
quelle importance, que Windows 95 soit une volution logique
plutt qu'une rvolution technologique, et que ses rouages
internes montrent plus d'ingniosit que d'lgance ? Tant
qu'il fonctionne correctement...

	"M..., Provenal, qui a des ides assez plaisantes, me
disait,  propos de rois et mme de ministres, que la
machine tant bien monte, le choix des uns et des autres
tait indiffrent : "Ce sont, disait-il, des chiens dans un
tourne-broche ; il suffit qu'ils remuent les pattes pour que
tout aille bien. Que le chien soit beau, qu'il ait de
l'intelligence ou du nez, ou rien de tout cela, la broche
tourne, et le souper sera toujours  peu prs bon."

	Ce mot d'un moraliste du XVIIIe sicle dcrit toujours
aussi bien les mcanismes au coeur des logiciels comme des
entreprises. Rien l qui soit si terrible, du moins tant que des
hrtiques comme Schulman dcouvriront le dessous des
cartes... et le communiqueront librement.


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                      La prdominance du crtin


	Virtuoses de l'ironie, les crivains et journalistes
Fruttero et Lucentini constataient que l'unit secrte de
leurs meilleurs textes tenait  ce fait : nous vivons sous
le rgne de la btise triomphante. Comment nier, en effet,
que le stultus, grce aux progrs de toutes sortes (
commencer par celui de l'ignorance), a toujours plus
d'occasions d'agir, de parler, de se manifester - en un mot
qui lui est cher, de se "raliser" ?

	Ds lors, La prdominance du crtin s'imposait comme titre
de leur premire anthologie, offerte en hommage aux "tristes
et lucides compagnons pars et prcieux d'une rsistance
que - malgr tout - il faut bien faire".

	Cette allusion littraire, insolite, certes, dans les pages
d'un magazine consacr aux joies contestables de
l'informatique, s'impose,  considrer l'annonce, aux
Etats-Unis, d'un nouveau produit sign Microsoft, BOB,
produit dont l'objectif est simple : vaincre les rticences
du grand public encore allergique aux bienfaits du
micro-ordinateur impos dans les foyers. La technologie
employe, moins originale qu'il y parat, exploite la
mtaphore de la maison. Chaque membre de la famille organise
sa pice avec les "objets" (entendre ici : les applications)
dont il a l'usage, et accomplit ses tches guid par des
animaux de dessin anim qui prodiguent leurs conseils 
grand renfort d'effets sonores et phylactres.

	A en croire les experts, BOB (ou ses drivs destins 
l'infinie classe des "clueless") serait promis  un bel
avenir. Certes, il n'est pas pour Eux, membres de l'lite
technicienne technophile, mais quel merveilleux concept pour
ces Autres dont le faible entendement ne conoit pas mme le
double-clic...

	Les connaisseurs (ou prtendus "bons techniquement") ont
beau jeu de se moquer avec condescendance de BOB, destin 
ce grand-public rtif  tout effort intellectuel, plus port
 se passionner qu' s'instruire : lui sont-ils si
suprieurs, pourtant, quand ils rclament, eux, toujours
plus d'Assistants (paradoxalement utiles pour acclrer des
oprations dj matrises, non pour les apprendre !) ou
quand ils esprent un jour "programmer sans programmer" ? Se
croyant  l'Avant-garde, ils ne sont que les claireurs d'un
troupeau de lemmings. La bouleversante rvolution
informatique dbouche dans la pharmacie de M. Homais. Autant
dire, avec Fruttero et Lucentini, "sur les vastes horizons
de Nanderthal".

	A moins qu'diteurs et constructeurs ne soient grands
philosophes, au sens o l'entend Hubert Monteilhet dans ses
Pavs du diable : "Le vrai philosophe a le plus grand
respect des imbciles : ils forment  la fois une clientle
et une majorit".


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                             Tabula Rasa


	Windows 95 est encore  l'tat de promesse que dj la
presse spcialise le compare  son rival OS/2 3.0
Warp - bien rel, lui. Au reste, le vainqueur de cette
confrontation artificielle ne fait aucun doute
car le "march" - c'est un fait reconnu par tous les commentateurs
autoriss  formuler une opinion dans les journaux - ne saurait se
tromper.

	Pourtant, chez Microsoft comme chez IBM, les divisions
charges de la commercialisation et de l'vanglisation
semblent vouloir ignorer ce rsultat prvisible et
persistent  prcher les convertis avec des sermons en forme
d'arguments techniques irrfutables et de mesures
indiscutables, qui clbrent la supriorit de leur
champion. Des stratges plus au fait des questions
militaires auraient choisi de reconnatre les qualits de
l'adversaire pour magnifier leur victoire... mais la rclame
et la subtilit font rarement bon mnage.

	En tout cas, il faut saluer les dveloppeurs qui, dans l'un
et l'autre camp, s'ingnient tant bien que mal  concilier
le poids du pass avec les exigences du futur. Quel que soit
le prochain systme d'exploitation bureautique dominant, il
sera par nature imparfait  cause de ce fatum nomm
"compatibilit historique" qui interdit toute vritable
rvolution. Au mieux, l'volution la plus probable donnera
raison  l'apocryphe maldiction chinoise : "Puissiez-vous
vivre  une poque de transition entre deux plateformes
imparfaitement incompatibles".

	La surabondance des couches, standards et protocoles censs
rsoudre la majorit des problmes informatiques voque ces
excs de maquillage qui accentuent les annes qu'ils
prtendent dissimuler. Les videntes limites des
architectures matrielles et composants logiciels
contemporains donnent le signal d'une rvision dplaisante,
coteuse mais ncessaire, au bnfice de la simplicit comme
de l'lgance. Si le futur requiert vraiment un systme
d'exploitation rseau orient objet, multitche,
multithread, multiprocesseurs et indpendant de la
plateforme matrielle, la rponse n'est sans doute ni OS/2
ni mme Windows NT. Xerox a tout invent en
micro-informatique : un nouveau Palo Alto Research Center
devrait saisir ce kairos et recommencer.

	L'innovation radicale est plus souvent salue qu'adopte :
malgr les discours, le mythique "march" (utilisateurs,
constructeurs, diteurs et mme programmeurs) n'apprcie
gure les produits trop atypiques. S'il persiste dans son
immobilisme, il n'aura pas le droit de se plaindre. Il devra
du pass faire table rase ou continuer  en connatre les
ombres.


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                              Imperium


	Deux articles parus cette anne dans la presse amricaine
portent un regard particulirement critique sur l'empire
Microsoft. Leur originalit tient  ce que, pour une fois,
les jugements semblent bien arguments, ne devant rien  la
passion (qu'elle soit favorable ou hostile).

	Dans son numro d'aot, le magazine Upside consacrait un
dossier  l'enqute mene par la Federal Trade Commission,
cet organisme officiel cens chercher  savoir si le
monopole de fait exerc par l'entreprise de Bill Gates est
ou non le fruit de pratiques dites dloyales.

	Parmi les experts consults figurait une personnalit
pourtant bien connue pour avoir, en diverses occasions,
dfendu Microsoft contre ses nombreux dtracteurs. Ce tmoin
avait dcouvert dans plusieurs composants de Windows des
portions de code gnrant un message d'erreur alarmant
lorsque l'environnement graphique tait lanc sur un DOS
concurrent -- l'erreur tant, bien sr, de faire confiance 
un autre diteur que Microsoft. Malgr son incrdulit, il
avait d se rendre  l'vidence : le gant mondial du
logiciel avait recours  des procds mesquins autant
qu'indignes. L'article voquait aussi des manoeuvres
commerciales pour le moins douteuses (dj voques dans
l'intressant ouvrage de Robert X. Cringely intitul Accidental
Empires).

	En septembre, dans le Dr Dobb's Journal, les dveloppeurs
dcouvraient un expos fort document, rdig par notre du
du microsoftisme : les preuves taient l, irrfutables,
prsentes par Andrew Schulman, un des co-auteurs du clbre
"Undocumented DOS" ("Les coulisses du DOS"), qui analysait
magistralement le fichier WIN.COM. Le code incrimin, dont
Microsoft avait bien d reconnatre l'existence sur
certaines prversions, tait non seulement repris mais
encore dissimul dans la version commercialise. Il y semble
neutralis, mais la modification d'un octet suffit  le
ranimer : alors dcrypt, il tente de djouer les dbogueurs
et affiche un message d'erreur s'il dtecte DR-DOS ou Novell
DOS. Et si d'autres (mauvaises) surprises similaires se
dissimulaient dans les suites d'instructions ?

	A l'vidence, Microsoft n'entend pas trop respecter les
lois du march et de la concurrence, non plus que sa
clientle. Ses responsables n'ont-ils pas affirm avec un
aplomb admirable que Double Space, le programme de
compression intgr  MS-DOS 6 (et programme trangement
comparable  Stacker, soit dit en passant), fonctionnait
parfaitement ? Pourtant, une version 6.2 apporte des utilitaires
conus pour remdier  un problme pourtant ni
avec une belle nergie --  dfaut de conviction et surtout d'honntet.

	A long terme, l'ambition de Bill Gates n'est pas seulement
de contrler le march des applications, mais aussi
l'lectronique, la domotique et les rseaux  l'chelle de
la plante -- tous les domaines o le logiciel aura son mot
 dire. Dans cette perspective, presque tous les moyens sont
bons -- qui sont peut-tre efficaces, mais au mpris de
toute morale lmentaire : il est vrai que les lois du
commerce comme celles de la guerre ne valorisent que la
victoire  tout prix.

	Avoir atteint une situation leve n'est jamais tout  fait
le rsultat du hasard, quoi qu'en puissent penser les
concurrents, les envieux, les esprits chagrins et mme
les ralistes qui ne mconnaissent pas le rle de la desse Alea
dans certains destins. Et Microsoft n'est pas une grande entreprise
simplement parce que ses rivaux seraient tous de moindre envergure.
L'explication serait trop simple, qui ferait bon march
d'une loi (peut-tre exagrment optimiste) qu'aimait 
rappeler Lincoln : "On peut tromper tout le monde quelque
temps ; on peut tromper quelques personnes tout le temps ;
mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps".

	Si Bill Gates est devenu l'une des premires fortunes des
Etats-Unis, et si Microsoft fait figure de rfrence
dans l'industrie logicielle, c'est en raison de qualits
commerciales ( dfaut d'tre techniques) relles que nul
n'entend ici songer  contester -- quand bien mme la
perspective de dpendre d'un seul fournisseur pourrait
susciter quelque inquitude, au nom de la libert de choix
et de l'indpendance. Point ne faudrait aussi oublier que
Bill Gates, dans ses entreprises contestables (en tout cas
aussi contestables que celles exposes dans un vieil ouvrage
consacr  l'empire I.B.M.), n'est pas dpourvu de ces complices
qu'on appelle aussi... des clients.

	Nanmoins, dans le cadre de cette lutte entre les grands
diteurs de logiciels pour relever les dfis de la fin du
sicle, Microsoft devra peut-tre comprendre que l'autorit
et la puissance ne sont pas sparables du sens des
responsabilits et mme du fair-play : tels seraient le fardeau
et la gloire de l'Empire que Bill Gates compte bien btir.


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          Pour un ultime hommage  Gary Kildall

      Un spectre hante Chicago, le spectre de CP/M...


    Mais qui se souvient encore de l'anctre du DOS, appel
Control Program for Microcomputers ? Personne, sinon les
acteurs et spectateurs d'une autre, et grande poque.

    La raison de cette vocation nostalgique ? Le rcent dcs
de Gary Kildall, auquel nous entendons rendre hommage
ici - tant il est vrai que le journalisme, "c'est apprendre que
Lord Jones est mort  des lecteurs qui ignoraient jusqu'au
nom de Lord Jones" (Chesterton).

    Gary Kildall, donc, avait fond Intergalactic Digital
Research. Programmeur gnial (plus que William Gates)
et visionnaire (l aussi, plus que William Gates), il
dveloppa en 1974 le premier systme d'exploitation pour
micro-ordinateurs 8 (et plus tard 16) bits. Intelligemment
conu, alliant l'lgance  l'efficacit, CP/M-80 se
composait d'un noyau rdig en PL/M (un langage de haut
niveau) et de pilotes de priphriques (crits en
assembleur). Le succs fut immdiat : s'il tait d'une
sobrit spartiate, le nouveau standard rassurait les
programmeurs et les constructeurs en remdiant aux
incompatibilits d'un matriel  l'autre. Et ces temps
taient - dj - fertiles en nouveauts.

    CP/M est tomb dans l'oubli, faute d'avoir t immdiatement
associ  l'IBM Personal Computer. Pure malchance : c'est un
clone, le QDOS de Seattle Computer, qui l'a emport sur le
standard original. Tim Paterson l'avait mis au point
dans l'urgence (QDOS signifie Quick and Dirty DOS),
avec un impratif catgorique : une compatibilit aussi parfaite
que possible avec... CP/M-80 v1.4. Le produit est plus connu
sous un autre nom : MS-DOS 1.0 -- mais c'est une autre histoire,
qu'il faudra bien raconter un jour...

    La relation avec Chicago, le futur Windows 4.0 ? CP/M se
contentait de quelques kilo-octets, quand l'installation
complte de l'OS/2 sign Microsoft prend
sensiblement 38 mga-octets. Dans son code, sans doute,
perdurent d'invisibles vestiges de CP/M, comme un rappel
aux jeunes gnrations pour qui l'histoire commence avec
Windows et le C++ : des gnies prcurseurs (Kildall,
Wozniak et d'autres, tous presque ignors aujourd'hui),
ont model notre prsent comme notre futur.

    Sans des hommes comme Gary Kildall, la micro-informatique ne
serait pas ce qu'elle est aujourd'hui ; avec des hommes
comme Gary Kildall, la micro-informatique ne serait pas non
plus ce qu'elle est aujourd'hui.


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En hommage  Karl Kraus


	Pourquoi rdiger le banc d'essai des bancs d'essai
consacrs  DR-DOS 6.0 ? Le produit a fait l'objet d'articles
dans tous les leaders de la presse micro-informatique,
dans un laps de temps relativement court (deux mois). Sa nature
mme imposait des procdures de test plus rigoureuses encore qu'
l'ordinaire, s'agissant d'un systme d'exploitation
compatible DOS. Il n'tait donc pas inintressant d'examiner
de quelle manire les journalistes de la presse spcialise
en ont su rendre compte.

	Deux points nous semblent  prciser : d'une part, nous
n'avons aucun lien avec la socit Digital Research (les
erreurs que nous relevons ne sont d'ailleurs pas toujours 
l'avantage de DRI). Et, d'autre part, aucune des remarques
que nous avons pu formuler ne nous semble hors de la porte
de tout utilisateur un tant soit peu comptent, et ayant
_rellement_ utilis le produit pendant deux petites heures.


Remarques liminaires

	De manire vidente, pour un systme d'exploitation, il
fallait installer le logiciel sur plusieurs configurations
matrielles, de l'XT de base jusqu'au 486, et pour chaque
machine tester plusieurs configurations de DR-DOS mme
(choix des stratgies d'installation, par exemple).

	Cette procdure d'valuation, pourtant lmentaire dans sa
logique et sa rigueur, n'a t mise en oeuvre dans AUCUN des
bancs d'essai examins.

	En outre, dans la mesure o DR-DOS 6.0 se pose en rival de
MS-DOS 5.0 (un point qui est implicite dans tous les
articles), la comparaison s'imposait avec le produit de
Microsoft, notamment pour la gestion mmoire et les utilitaires
fournis.


Elments relevs dans les diffrents comptes rendus


	Magazine : Science & Vie Micro de dcembre 1991
	Auteur : Christophe Chatillon

	- Mention en ouverture de l'article d'une "nouvelle
commande"... qui n'en est pas une : DELQ, qui existait dj
sur la version 3.41 de DR-DOS.

	- Aucune hirarchisation des lments qui constituent le
systme d'exploitation : l'auteur met sur le mme plan un
dfragmenteur classique, qui n'est d'ailleurs pas  la
hauteur des utilitaires existants (Speedisk de Symantec,
Compress de Central Point Software, ou FastTrax de Mark
Elfield), avec le rudimentaire interprteur PostScript
livr avec DR-DOS 6.0.

	- Mention d'un "logiciel d'conomie d'nergie qui met en
veilleuse le microprocesseur (sic !) et la mmoire vive
durant les phases d'inactivit", lment dlirant qui provient
d'une mauvaise lecture du dossier de presse.

	- L'auteur ne parle nulle part des deux caractristiques
les plus importantes de DR-DOS 6.0 : la compression des
donnes par le driver SSTOR, ainsi que la gestion de la
mmoire disponible.

	- L'auteur sait aller  l'essentiel, qui signale une
amlioration dcisive de la commande DIR : l'option /2, qui
permet d'afficher la liste des fichiers sur 2 colonnes.
Consacrer trois lignes  ce point mineur, quand l'article
est dj fort court, relve d'un sens curieux des
priorits...

	- L'auteur mentionne la prsence de "divers bogues" dans
DR-DOS, sans en fournir un seul exemple prcis (sinon un,
sur l'affichage des labels de disque, que nous n'avons, pour
notre part, jamais rencontr).


	Magazine : L'Ordinateur Individuel de dcembre 1991
	Auteur : Guillaume de Brbisson

	- L'efficacit d'un cache-disque est quantifiable de
manire prcise : il est donc plaisant de voir l'auteur
affirmer  propos de SuperPC-Kwick qu'il est "gnralement
considr comme le plus puissant du genre". Il commet ainsi
deux erreurs graves : ne pas avoir test effectivement
l'utilitaire, et surtout avoir repris des lments
d'information (lus dans la presse amricaine) dj anciens,
qui ne sont plus justifis aujourd'hui. En effet, s'il est
vrai que jusqu' une date rcente, SuperPC-Kwik tait le
"meilleur" cache-disque du march, le Norton Cache (dans sa
version 6.0) lui est lgrement suprieur (il aurait suffit
 l'auteur,  dfaut de faire les essais lui-mme, de consulter
les forums des utilisateurs sur le serveur amricain CompuServe
pour le vrifier  peu de frais).

	- Prtendre que le logiciel de compression SSTOR permet de
doubler la capacit de stockage du disque dur montre que
l'auteur n'a pas une seule fois  consult l'option "Stats" du
programme SSTOR : il aurait alors vu que le taux rel de
compression est gnralement de l'ordre de 1,5:1, et non de
2:1, avec un disque dur "standard" (applications, sources
ASCII, images, archives ZIP). Le taux de compression
effectif tant trs dpendant, pour d'videntes raisons, de
la nature des fichiers prsents sur le disque. Le doublement
annonc (et affich) est donc thorique.

 	- Erreur essentielle :  en croire l'auteur, "Il [le
logiciel SSTOR] peut tre dsinstall sans dommage. Ainsi,
si l'on dcide de changer de disque dur et que l'on souhaite
rcuprer les donnes non compresses, on pourra revenir en
arrire." Il est effectivement possible de dsinstaller
SSTOR sans avoir,  la suite de cette opration,  "changer"
de disque, mais les donnes compresses sont alors
irrmdiablement perdues, comme le prcise d'ailleurs
l'option "Supprimer (une partition SSTOR)". Les raisons, l
encore, sont videntes, pour que l'opration de compression
ne soit pas rversible sur le mme disque : avec la
meilleure volont du monde, faire tenir quelque 30 ou 40 Mo de
donnes dcompresses sur un disque de 20 Mo tiendrait du
miracle... L'auteur n'a peut-tre pas saisi qu'il fallait
d'abord faire une sauvegarde des donnes sur un autre
support, avant de supprimer la partition SSTOR ?

	- Les chiffres qui indiquent la quantit de mmoire
conventionnelle disponible semblent reprendre les lments
fournis par Digital, les donnant pour "normaux", quand
l'diteur lui-mme, plus prudent, les donne comme un gain
maximum : ainsi, on ne peut obtenir 627 Ko sur un simple 286
(sinon avec certains circuits "Chips and Technologies"). De
mme, sur un XT, il n'est possible d'obtenir 612 Ko de
libres qu'en disposant de mmoire pagine.

	- La conclusion est savoureuse, qui nonce que "DR-DOS ne
propose toutefois pas assez de nouveauts pour tre achet
en plus du systme d'exploitation de Microsoft"... Comme si
la question se posait d'acqurir les DEUX systmes, quand
ils remplissent la mme fonction ! De manire analogue, quel
utilisateur "normal" irait acheter  la fois Lotus Windows
ET Excel 3.0 ? ou WordPerfect 5.1 ET Word 5.5 ?

	- Le prix indiqu (750 Fht) diffre du prix mentionn dans
tous les autres magazine (mauvaise lecture du dossier de
presse ?).


	Magazine : Soft & Micro de novembre 1991
	Auteur : Patrick Paolin (Claude Marson)

	- Remarque valable pour l'ensemble du texte : l'auteur
mentionne (pour augmenter son compte de feuillets, comme 
sa dplorable habitude) force dtails qui ne sont d'AUCUN
intrt dans un banc d'essai (par exemple, le fait que la
touche F10 permet de sortir du SETUP, que la combinaison
Alt-X sert  quitter le dfragmenteur, la syntaxe mme de
certaines commandes, etc.).

	- L'auteur fait preuve d'un sens certain des priorits,
qui, ds le dbut de l'article, traite du dfragmenteur
DiskOpt, avec un luxe de dtails gratuits ("chaque petit
losange reprsentant un cluster", etc.), quand il n'est
mentionn nulle part que cet utilitaire est simpliste, par
rapport  des outils comparables.

	- L encore, "l'utilitaire SuperPC-Kwik de MultiSoft a la
rputation d'tre l'un des plus performants du march"... Si
c'est vrai, c'tait quantifiable par des tests (voir
remarque pour le banc d'essai de L'Ordinateur Individuel).
De surcrot, les paragraphes qui prtendent expliquer le
fonctionnement d'un cache-disque sont confus : ainsi, "un
bon score [le "cache-hit"] s'tablit  90%, voire 95%" :
c'est ignorer que les performances d'un cache ne se mesurent
pas  ce seul indicateur (ainsi, lancer plusieurs fois de suite
le mme programme fera vite monter le "cache-hit"  100%
pour d'videntes raisons !).  

	- L'auteur annonce des taux de compression mirobolants
(allant jusqu' 8:1 -- curieusement not 8,1 !), ignorant
manifestement qu'un tel compactage n'est atteint que pour
une infime minorit de fichiers (en fonction de leur taille
comme de leur nature :  dfaut de rflexion, il lui suffisait
d'utiliser XDIR pour le vrifier).

	- Remarque dsopilante : TaskMax peut faire tourner jusqu'
une vingtaine d'applications " condition d'avoir de la
place"... Au reste, dans la pratique, Taskmax n'est utilisable
qu'avec au plus trois ou quatre sessions.

	- Si la gestion mmoire sous DOS pouvait dj apparatre
comme complexe, voire complique, elle en devient encore plus
incomprhensible pour le commun des mortels, avec
l'apparition d'une mmoire que nous appellerons "mobile" :
l'auteur place la mmoire haute tantt aprs les premiers
640 Ko de mmoire conventionnelle ("elle ne peut disposer de
suffisamment de mmoire haute, parmi les 384 Ko situs
au-dessus des 640 Ko de mmoire conventionnelle.", page 73),
tantt  sa vritable place ("les 64 Ko au-dessus du premier
mga-octet", page 74).

	- Le switch /P (pour COMMAND.COM) n'est en rien une
"importante extension".

	- Pour l'auteur, ViewMax "n'a pas chang par rapport  sa
version 5.0" : c'est ignorer les effets "en relief" qui ont
t ajouts  ce shell graphique.

	- Dans ses "quelques conseils PRATIQUES pour utiliser
DR-DOS avec Windows", l'auteur affirme que "Windows est
incompatible avec l'utilitaire de compression SuperStor" :
ce qui est inexact, quel que soit le mode de fonctionnement
de Windows 3.0 (lire infra notre remarque sur la future
version de Windows 3.1).


	Magazine : Info PC de novembre 1991
	Auteur : Thierry Pigot

	- Une fois de plus, SSTOR "double" la capacit du disque
dur...

	- Erreurs diverses sur la gestion mmoire avec MS-DOS 5.0
(exploitation de la mmoire haute).

	- Libration de 631 Ko "en moyenne", quand Digital Research
n'annonce, dans le meilleur des cas, que 628 Ko sur un 286.

	- On ignorait que la fonction d'un gestionnaire de mmoire
cache ft de charger plus vite une interface graphique...
A quoi sert alors le cache prsent dans de nombreux microprocesseurs ?

	- L'auteur affirme que le guide HyperText DOSBOOK est
complet, alors qu'y manquent, entre autres, les commandes
utilisables dans les fichiers CONFIG.SYS et AUTOEXEC.BAT. De
surcrot, ce guide est cens tre "instantanment
disponible", quand il suffit de l'avoir utilis sur un
286-12 (pour ne pas mentionner un XT gonfl  8 Mhz) pour le
trouver inutilisable en raison d'une lenteur qui en assimile
la consultation  un vritable chemin de croix. Une documentation
lectronique n'est pas un substitut acceptable pour
une documentation imprime.

	- Comme dans les articles prcdents, il n'est prcis
nulle part que le driver SSTOR prend (au pire) quelque 40 Ko
de mmoire conventionnelle (nombre qui peut tomber  une
vingtaine de Ko en utilisant, sur les systmes qui le
permettent, la commande HIDEVICE).


	Magazine : Micro Systmes de novembre 1991
	Auteur : Marcel Baug (Jrme Coulomb)

	- Contrairement  ce qu'affirme l'auteur, TOUS les utilitaires
ne marchent pas avec SuperStor : ainsi de FastTrax
(le meilleur dfragmenteur disponible  l'heure actuelle).

	- Une fois de plus, le cache est "probablement" le
meilleur... sans lment de test.

	- L'auteur a dcouvert une nouvelle catgorie, sans nul
doute destine  une grande fortune auprs des
professionnels de la scurit informatique :
"[L']utilisateur malveillant [qui] a oubli son mot de
passe..."

	- "Il appartient  chacun de faire son choix [entre MS-DOS
5.0 et DR-DOS 6.0]. Pour ma part, j'ai install sur mon PC
le DR DOS 6.0 de Digital Research." : la conclusion, toute
justifie qu'elle peut tre, rend hommage  l'objectivit
qu'on peut attendre de la part d'un ingnieur qui
est employ par Digital Research... Ce dtail n'est videmment
pas cit dans l'article, la presse franaise n'ayant
pas la dcence d'imiter Byte, qui mentionne presque toujours
les informations de ce genre.


En guise de conclusion...

	D'une manire gnrale, on repre aisment dans presque
tous les articles de graves erreurs factuelles, une
concentration excessive sur des dtails sans importance,
ainsi qu'un total manque de discernement dans l'valuation
des lments importants du produit. Trop souvent aussi, les
auteurs reprennent des informations sans se donner la peine
de les vrifier, allant jusqu' les dformer et  leur
attribuer une porte qu'elles n'ont pas dans leurs sources.
Manquent, de manire gnrale, des indications chiffres :
par exemple, alors que tous les articles mettent en avant
les gains de mmoire et la compression des donnes, aucun
d'eux n'indique la place effective prise en mmoire par le
driver SSTORDRV.SYS.

	A aucun moment, il n'y a de synthse donnant au lecteur les
lments d'information ncessaires pour savoir quel systme
d'exploitation adopter, de MS-DOS 5.0 ou de DR-DOS 6.0,
prfrant s'en tenir  des considrations gnrales
relatives aux stratgies de leurs diteurs respectifs.
Ainsi, ne figure nulle part un simple tableau rcapitulatif
des fonctions assures par l'un et l'autre produits.

	L'impression d'ensemble qui dcoule de ces bancs d'essai
est celle de l'impressionnisme, du manque de mthode, voire
de l'incomptence ( voir certaines confusions sur des
notions essentielles) : autant de traits typiques des
collaborateurs de la presse micro, quand ils ne sont pas
surveills par un vritable professionnel.


A titre d'information...

	Pour avoir essay les versions franaise (qui comporte
d'ailleurs quelques jolies facties de traduction) et
anglaise de DR-DOS 6.0, nous n'avons relev que deux
vritables problmes : d'abord, le verrouillage en criture
d'une partition SSTOR, auquel le lancement de DISKOPT a
remdi sans qu'on en puisse voir clairement la raison.
Ensuite, la lenteur inhabituelle et surtout inadmissible des
accs aux disquettes, dont rien ne peut raisonnablement
rendre compte sinon l'incomptence d'un programmeur systme
de chez DRI.

	Signalons aussi que le dfragmenteur FastTrax dsorganise
totalement une partition SSTOR, au point de rendre
ncessaire l'utilisation de la commande RECOVER (et le
recours  un Backup pour rcuprer nombre de fichiers). Au
nombre des ennuis mineurs, l'utilitaire CURSOR, qui est 
l'origine de plantages alatoires sur les portables quips
d'un cran LCD (en sont victimes aussi bien des logiciels de
communication que le vnrable Word 5.5) : il convient donc
de ne PAS l'utiliser. SCRIPT, quant  lui, refuse
obstinment de s'installer en mode TSR pour le port LPT1 (de
mme qu'il ddaigne d'utiliser l'alternative PRN:), ce qui
contraint donc  "ruser" en assignant le port LPT2 au port
LPT1. Quant  l'utilitaire CHKDSK, il indique
systmatiquement une valeur errone pour le nombre d'octets
libres, quand on le consulte pour une partition SuperStor.

	Si DR-DOS 6.0 fonctionne parfaitement avec Windows 3.0, il
n'en va pas de mme avec Windows 3.1 (dont nous disposions
dans une version bta). Aux Etats-Unis, notamment sur
CompuServe, la rumeur voudrait que les programmeurs de
Micro$oft se soient "amuss"  tester si Windows tourne sur
DR-DOS et, dans l'affirmative,  faire planter le programme.
Une petite malpropret qui n'aurait rien d'tonnant quand on
connat un peu l'histoire de la firme dirige par le sieur
William H. Gates, III. Nul doute que ce point d'importance
fera l'objet d'intressants dveloppements ultrieurs.

	Deux lacunes,  notre sens, dans DR-DOS 6.0 : il faudrait
un petit interprteur (ou mieux, un compilateur) BASIC ou
PASCAL, toujours pratique pour l'utilisateur qui matrise un
peu sa machine ; et surtout un gestionnaire de fichiers
genre Xtree, AZ ou Pctools 4.3, qui remplacerait
avantageusement ViewMax, dont l'INintrt est remarquable.

Paris, le 28 janvier 1992


                              (* END *)

